L'incipit de Dernier Jour d'un Condamné de Victor Hugo



Fiche pédagogique
l'incipit de Dernier Jour d'un condamné 

Module 3 : lire un roman à thèse
Activité : étude de textes
Objectifs :              
-         Etudier l’incipit de l’œuvre
-         identifier les champs lexicaux
Déroulement de la séance
                  I.                       L’Identification du texte

a.               Situation du texte
            Il s’agit de l’incipit du Dernier jour d’un condamné
b.               L’énonciation :
  • ·         L’émetteur : Un condamné à mort, l’indice personnel employé est le pronom (je) qui renvoie, non à l’auteur ( V.Hugo) , mais au narrateur ( Le condamné à mort).
  • ·         Le récepteur : lui-même. En effet, le condamné est dans un cachot, il n’y a personne avec qui il pourrait parler sinon avec soi- même. Il s’agit, donc, d’un monologue intérieur
  • ·         Lieu : Dans une prison ( Bicêtre)
  • ·         Temps : Après cinq semaines d’incarcération (Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée)
  • ·         Sujet principal : L’idée de sa condamnation à mort

               II.                       Hypothèses de lecture
L’incipit installe le cadre spatio-temporel et présente les personnages
           III.                       Les axes de lecture
a.     Incipit traditionnel :
                                                             i.      Lieu
Le lieu de l’action est présenté dès le début : Bicêtre, une prison au sud de Paris
Cette nomination du lieu est soutenue par un champ lexical de la prison : « dans un cachot », « cellule », « grille de cachot », « prison ».

                                                          ii.      Temps
L’extrait contient des indications temporelles : « cinq semaines », « chaque jour, chaque heure, chaque minute », « autrefois », « maintenant ».
Toutefois aucune date précise n’est indiquée au lecteur. Cela n’est pas dû au hasard, Victor Hugo cherche à transmettre l’idée que l’abolition de la peine de mort n’est pas attachée au temps
                                                       iii.      Personnage
La situation d’énonciation révèle que le narrateur et le personnage principal sont identiques le récit est à la première personne : « j’habite »,  « j’étais », « mon esprit », « je pouvais », « je suis »…
Le personnage principal est un condamné à mort. Toutefois son identité est inconnue ainsi que le crime pour lequel il est condamné n’est pas précisé. Le but est de montrer que quoi qu’ il soit le crime commis , le condamné ne mérite pas la mort
b.     L’emprisonnement et la mort
Les thèmes de l’emprisonnement et la mort ont dominé le texte à travers la manipulation d’un tas de champs lexicaux à titre d’exemple :
  • ·         La mort : sanglante, condamné à mort, glacé, couteau, fatale, infernale
  • ·         La peur et l’angoisse : horrible, spectre, hideuses, sursaut, sombre, fuir
  • ·         La souffrance : seul, glacé, courbé, je suis captif, de plomb, misérable, me secouant, m’obsède, sommeil convulsif, yeux lourds
  • ·         la prison : cachot, captif, cellule, dalle mouillée et suante, soldat de garde, giberne, grille.


Le texte est riche en figures de style :
  • ·         La personnification : Sous les larges bras des marronniers / et me secouant de ses deux mains de glace.
  • ·         La gradation : Chaque jour, chaque heure, chaque minute/ je n’est plus qu’une pensé, qu’une conviction, qu’une certitude.
  • ·         Comparaison : cette pensée infernale comme un spectre de plomb
  • ·         Anaphore : toujours seul …, toujours glacé…toujours courbé
  • ·         Métaphore : me secouant de ses deux mains de glace.
  • ·         Énumération : une horrible, une sanglante, une implacable idée.
  • ·         Parallélisme : Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée

c.     Deux moments opposés :
Moment passé ( analepse)
Moment présent
Joie de vivre :
-Jeunesse et richesse d’esprit : Mon esprit, jeune et riche
- Idées agréables variées et fantaisistes : Chaque jour, chaque heure et chaque minute avait son idée
-Aventures amoureuses : et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit
Liberté : Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre
-Souffrance du corps et de l’esprit : Mon corps et aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée.
- Le narrateur est accablé par l’idée de la mort : toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids.
- Réalité aussi terrifiante qu’un cauchemar : «  je viens de m’éveiller… Condamné à mort »
Captivité : Maintenant je suis captif
            IV.                       Synthèse
A travers l’incipit de l’œuvre, Victor Hugo use du registre pathétique pour émouvoir le lecteur et susciter sa pitié envers la condition terrible des condamnés qui vivent avec l’idée de leur exécution.

                V.                       Prolongement :
En quelques lignes résumez la situation dans laquelle se trouve le narrateur

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